Société

Le premier sex-toy antique découvert !

21 février 2023 à 18h10

Le premier sex-toy antique découvert !

La découverte d'un objet antique en bois de forme phallique dans le nord de la Grande-Bretagne révèle des aspects troublants de la sexualité romaine

La découverte d'un objet en bois de forme phallique dans le fort romain de Vindolanda, près du mur d'Hadrien dans le nord de la Grande-Bretagne, a intrigué les chercheurs depuis sa découverte en 1992. Cependant, ce n'est que récemment que les spécialistes ont réinterprété son utilité dans une étude publiée dans la revue Antiquity, disponible sur le site de l’université de Cambridge.

Les chercheurs ont été particulièrement interpellés par la taille de l'objet, qui est une sculpture grandeur nature de pénis, une première dans la découverte archéologique, alors qu'il est plus courant d'en trouver à échelle réduite. Les chercheurs ont alors entrepris une analyse de l'usure de l'objet pour déterminer son utilisation et l'ont croisée avec des données archéologiques et contextuelles.

Dans une déclaration à Antiquity, Robert Collins, premier auteur de l'étude, a noté que "sa taille et le fait qu'il ait été sculpté dans du bois amènent plusieurs questions quant à son utilisation dans l'antiquité". Les proportions et l'usure concentrée sur les deux extrémités permettent d'avancer plusieurs hypothèses quant à l'utilisation de l'objet. Cela pourrait être une partie d'une sculpture, un pilon dont l'extrémité la plus large servirait à broyer des matériaux, ou enfin, un objet sexuel antique.

Cependant, les chercheurs ont noté que le terme de "jouet" sexuel serait anachronique, et que cet objet ne fût peut-être pas destiné à donner du plaisir. "L'utilisation ne doit pas avoir été exclusivement sexuelle ou pour le plaisir de l'utilisateur", ont-ils écrit. "De tels outils peuvent avoir été utilisés dans des actes qui ont perpétué des déséquilibres de pouvoir, comme entre une personne asservie et son propriétaire, comme en témoigne la récurrence de la violence sexuelle dans la littérature romaine". Autrement dit, cela aurait très bien pu être un outil de torture sexuelle.

Il est intéressant de noter que l'utilisation de tels objets dans des actes de domination et de torture sexuelle n'est pas un concept nouveau. La violence sexuelle a été documentée dans de nombreuses cultures à travers l'histoire, y compris dans la Rome antique. L'analyse de l'usure de l'objet en question suggère que s'il a été utilisé pour le sexe, il n'a probablement pas été utilisé pour le plaisir mutuel.

Cependant, il est important de noter que les chercheurs ont également noté que les conclusions qu'ils ont tirées de leur étude sont basées sur des interprétations et des hypothèses et qu'il est difficile de déterminer avec certitude l'utilisation de cet objet particulier. Cependant, la découverte et l'analyse de l'objet offrent un aperçu fascinant de la vie dans la Rome antique et des pratiques sexuelles qui s'y déroulaient.

En somme, la découverte de l'objet en bois de forme phallique dans le fort romain de Vindolanda, près du mur d'Hadrien dans le nord de la Grande-Bretagne, a suscité beaucoup d'interrogations et de débats parmi les spécialistes en archéologie. Bien que les recherches aient permis de déterminer avec une certaine fiabilité l'utilisation de l'objet, le mystère subsiste quant à la raison de sa présence dans ce fort romain. Cette découverte met également en lumière la complexité des relations de pouvoir et de genre dans la Rome antique, où la violence sexuelle était malheureusement un phénomène courant. En tout cas, cette découverte suscite un grand intérêt chez les passionnés d'histoire et permet d'en apprendre davantage sur les pratiques sexuelles et la culture romaines.

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