Acat : L'ONG qui s'attaque aux violences policières en France (vidéo)

URBAN HIT

15 mars 2016 à 10h42 par La rédaction

Outre-Atlantique, les violences policières sont au cœur du débat politique, mais en France le silence règne en maître

c2cdec5a4b4e8294ca48e40880face7d C'est pourquoi l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (Acat) cherche à briser le silence en publiant ce lundi un rapport. L'ONG a enquêté pendant 10 ans (de 2005 à 2015) sur les violences policières en traitant 89 affaires.

Un bilan alarmant

Sur ces 89 affaires, 26 violences policières ont entraîné la mort et seulement 7 affaires ont fait l'objet d'une condamnation du policier fautif. L'association dénonce massivement un "manque de transparence" de la part de l'Etat français en matière de violences policières. "A l'exception de quelques affaires très médiatisées, le cas de blessures ou de décès au cours d'interventions des forces de l'ordre sont très peu connus des citoyens, et le sujet est largement ignoré de tous" a déclaré l'Acat dans un rapport publié lundi. L'association lance actuellement une campagne pour "briser le silence".

Une personne sur trois est mineure

Dans les 89 cas étudiés, Acat s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de cas impliquant des mineurs, une personne sur trois victime de violence policière est mineure.

Flash-Ball

Est-ce peut-être un manque de formation à l'utilisation du Flash-Ball ou simplement de l'abus, mais les chiffres sont là : Une personne est morte des suites de l'utilisation du Flash-Ball, 39 gravement blessées et 21 ont perdu un �?il ou la vue à cause de ce pistolet créé initialement pour ne pas tuer. Vous vous souvenez sans doute de l'affaire Geoffrey Tijdani, ce jeune homme qui a perdu un �?il et à eu de multiples fractures au visage à cause du Flash-Ball. Le policier lui a tiré en plein visage, il s'agit clairement d'un usage disproportionné de la force, en sachant que le Flash-Ball est une arme de défense que la police doit utiliser sur un individu récalcitrant et sur des parties du corps bien précises, le visage n'en faisant pas partie. 5625137_flashball

Taser

Il est "impossible de trouver des chiffres concernant le nombre de personnes blessées ou décédées" par l'utilisation du pistolet à impulsion électrique (PIE). Toutefois, 4 cas de décès en France ont été recensés suite à l'utilisation du Taser. Malgré ces 4 cas avérés, "la justice a conclu à l'absence de lien entre le décès et le tir de PIE". Un policier est sensé utiliser cette arme dans le seul et unique but d'immobiliser un individu, l'onde électrique bloque le système nerveux. D'après l'état français, cette arme aurait permis d'éviter beaucoup de blessures graves aux délinquants, mais le fait est là : 4 cas de décès...

Techniques de plaquage

Les gestes d'immobilisation qu'utilisent les forces de l'ordre comme le plaquage ventral (plaqué au sol, ventre à terre et jambes repliées sur les genoux), ou le pliage (assis, les mains pliées dans le dos et le torse collé aux genoux) peuvent être fatals pour certains, Acat recense 8 morts depuis 2005 à cause de ces techniques. C'est pourquoi l'Association cherche à tout prix à encadrer plus strictement l'usage de certaines armes et les techniques d'immobilisation, mais aussi et surtout poser le débat une bonne fois pour toute. Depuis quelques années, de nombreux témoins filment l'abus de certains policiers, ce qui permet enfin de briser ce silence de glace autour des violences policières