Violences policières : trois policiers d’Argenteuil mis en examen pour violences sur un jeune de 19 ans

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21 juillet 2021 à 9h33 par Yasmine Bakayoko

Un jeune homme de 19 ans témoigne avoir été victime de violences policières en janvier dernier une information de nos confrères franceinfo. Les policiers auraient utilisés notamment un tasser et de nombreuses décharges. Trois policiers d'Argenteuil ont depuis été mis en examen, et l'un d'entre eux suspendu.

Tout commence, le 29 janvier dernier à Cormeilles-en-Parisis, près d'Argenteuil (Val-d'Oise). À l'origine de ces violences : une photo de policier déguisé en strip-teaseuse, retrouvée dans le téléphone du jeune homme.

Jonathan ( prénom modifié) traine avec des amis dans le hall d'un immeuble vers 15h, quand une équipe de policiers se dirige vers eux pour les contrôler. Jonathan tente de prendre la fuite, mais les policiers le rattrapent, et découvrent dans son téléphone une photo d'un policier de la Brigade anti-criminalité d'Argenteuil qui circulait à l'époque sur les réseaux sociaux. Sur la photo en question, on voit le fonctionnaire de police habillé en short en cuir, bas résille, et maquillé.

C'est là que Jonathan va vivre un cauchemar pendant de longues minutes: "J'ai déjà pris des claques par des policiers, là, c'était autre chose. C'était des coups de Taser, des coups de poing pendant 40 minutes. J'ai vraiment cru que j'allais mourir cette fois-ci. Je leur ai dit d'arrêter, je tremblais et je tombais. Ils ont insulté ma mère de chienne, ils ont dit qu'ils voulaient attraper ma copine et la violer. Ils m'ont dit qu'en arrivant au commissariat, je pouvais me faire violer."

L’un des policiers présents craque et avoue tout 

Jonathan repart en boitant, soutenu par 2 amis. Il décide de prevenir sa mère qui l’emmène porter plainte contre ces policiers. Une enquête est ouverte, mais les fonctionnaires nient en bloc. Cependant, plusieurs éléments vont permettre de rétablir la vérité grâce à l’expertise que franceinfo a pu consulter. Le taser en question montre qu’il a été utilisée 27 fois en seulement 10 minutes au moment du contrôle, dont une fois pendant 5 secondes, la durée à laquelle le pistolet atteint sa puissance maximale.

De plus, lors de son interrogatoire, l’un des gardiens de la paix présents sur place va craquer en avouant les violences de ses collègues : "Je ne suis pas responsable des actes de mes collègues", peut-on lire dans sa déposition, "même si je me suis déjà rendu compte que dans notre groupe parfois, les contrôles n'étaient pas faits comme ils devraient l'être. L'un de nous aurait du dire stop, notamment sur ce contrôle. J'aurais du intervenir mais vous devez comprendre, c'est compliqué de dire stop pour la suite de ma carrière, et surtout pour mes relations avec mes collègues de brigade."

Les policiers en question nient aussi tout usage disproportionné de la violence. Jonathan, lui, est encore traumatisé par cette scène six mois après. Il a encore aujourd'hui du mal à dormir, manger et même à sortir de chez lui. Les policiers d'Argenteuil ont depuis été mis en examen, et l'un d'entre eux suspendu.