Paris : trois policiers jugés pour avoir frappé Michel Zecler et falsifié des PV

Faits divers

URBAN HIT

Modifié : 15h06

Le procès de trois policiers s’ouvre à Paris autour de l’affaire Michel Zecler. Les images de vidéosurveillance, qui avaient contredit leur version des faits, seront au cœur des débats.

Michel Zecler, producteur de musique, avait été roué de coups dans le hall de son studio d’enregistrement en novembre 2020. Les images de vidéosurveillance ont mis à mal la version des policiers du commissariat du XVIIe arrondissement, qui avaient porté plainte contre lui pour « rébellion » et « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Il s’est surtout fait connaître en novembre 2020, quand la diffusion de la vidéo de son agression a provoqué un retentissement politique et médiatique majeur. L’enquête avait ensuite mené à la mise en examen de quatre policiers et à un débat sur les violences policières.

Le parquet parle de faussetés dans le procès-verbal

Le 21 novembre 2020, alors que le port du masque est obligatoire, Michel Zecler se rend à pied à son studio sans en porter. Les policiers décident de le contrôler, puis l’intervention dégénère. Filmée sans son, la scène montre un homme qui, selon l’ordonnance de mise en accusation, n’a fait preuve que d’une « résistance passive ».

Les policiers affirment au contraire qu’il les a forcés à entrer dans le hall, qu’il les a frappés et qu’il aurait tenté de s’emparer de l’arme de service de l’un d’eux. Après confrontation aux images par l’IGPN, le parquet parle de « faussetés » dans le procès-verbal, avec un « souci de travestir la réalité ».

Les trois policiers sont jugés pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique, en réunion et avec arme, ainsi que pour faux en écriture publique. Ils encourent jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle et 250.000 euros d’amende. Michel Zecler s’était vu reconnaître 45 jours d’ITT.